Le CdA participe au congrès de l’Association suisse des Aînés

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By W. Bulach - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=57581875
Le CdA est membre de l'Association suisse des Aînés (ASA). C'est ainsi que notre membre René WINET a assisté au congrès annuel de l'ASA à Lucerne. Voici son rapport:
Rapport du Congrès de l’Association suisse des Aînés sur le thème « les 55+ sur la touche ? » («55+ nicht mehr gefragt?»)
Lucerne, jeudi 7 septembre
Sur demande de notre président Pierre Scherb, j’ai assisté à cette conférence et rédigé le présent compte rendu reflétant les interventions de la journée, afin de tenir informer nos membres.
La conférence s’est déroulée au Verkehrshaus de Lucerne le jeudi 7 septembre en présence d’un nombre réduit de participants (70 personnes). Le thème choisi ne semble pas avoir concerné le public cible de l’association suisse des aînés, à savoir les personnes qui n’exercent plus d’activité professionnelle. Néanmoins, les interventions n’ont pas manqué d’intérêt.
Monsieur Karl Vögeli, le Vice-Président de l’Association a ouvert le congrès. Il a excusé la Présidente Madame Evelyne Reich qui a démissionné de sa fonction avec effet immédiat pour des raisons professionnelle et privée. Monsieur Vögeli a présenté un aperçu des deux objets soumis aux votations populaires le 24 septembre, soit l’arrêté fédéral sur le financement additionnel de l’AVS par le biais d’un relèvement de la taxe sur la valeur ajoutée, ainsi que la loi fédérale sur la réforme de la prévoyance vieillesse 2020. Bien que notre génération (65 et +) ne soit pas touchée par ces potentielles réformes, il nous a invités à accepter les deux objets qui font office de compromis, afin de faire avancer ces dossiers bloqués depuis 20 ans.
Le Conseiller d’Etat Monsieur Guido Graf a apporté les salutations du Gouvernement du Canton de Lucerne. Monsieur Graf a souligné qu’une collaboration entre état, cantons et communes ainsi qu’entre tous les acteurs de l’économie est indispensable, afin de permettre l’intégration des personnes qui perdent leur travail après 50 ans. Il a fait appel à la responsabilité personnelle des chômeurs qui doivent pro activement s’investir dans leur recherche d’emploi et entreprendre des formations continues. Monsieur Bernhard Weber, économiste au Secrétariat de l’Etat à l’économie (SECO), a jugé que le thème de ce congrès ne correspond que partiellement à la réalité. En effet, le taux de chômage dans la catégorie des plus de 55 ans est plus bas que dans les autres catégories. En 2016, les taux de chômage étaient respectivement à 3,4% et 4,2%. Il a souligné le haut degré de formation et de qualification de nombreux travailleurs anciens. Toutefois, ces derniers font preuve d’un manque de volonté d’adaptation à de nouvelles situations. Le problème, selon Monsieur Weber, réside principalement dans la recherche d’un nouvel emploi. Environ 60% des demandeurs d’emplois parviennent à trouver un emploi après plus d’une année. La plupart d’entre eux ne trouvera plus un travail. Par ailleurs, il a été démontré que la longévité dans une entreprise peut mener à une perte de valeur du savoir de l’employé. Il estime également que trop de protections par l’état ne sont pas non plus favorables. La clé pour améliorer la situation réside, d’après Monsieur Weber, dans la formation continue, ainsi que dans la promotion de la santé.
Docteur Carlo Knöpfel, professeur de politique sociale et de travail social à la Haute Ecole Spécialisée de la Suisse du Nord-Ouest constate que le nombre de demandeurs d’aide sociale augmente très fortement dans la catégorie d’âge 50ans et plus. Il s’agit essentiellement d’hommes seuls et/ou divorcés possédant un niveau de formation faible ou une formation qui n’est aujourd’hui plus demandée. Il s’avère que la plupart font fréquemment face à des soucis de santé. Représentant des employés, Monsieur Daniel Lampard, économiste au Secrétariat de l’Union Syndicale Suisse, estime que les demandeurs d’emploi plus âgés sont souvent discriminés. Licencier des collaborateurs plus âgés n’est plus un tabou. Selon Monsieur Lampard, il est essentiel d’assurer la protection des collaborateurs plus âgés par des mesures de protection contre le licenciement et des plans sociaux. Représentant des employeurs, Madame Daniella Lützelschwab, responsable du secteur marché du travail et droit du travail de l’Union Patronale Suisse, a souligné certaines avancées sur le sujet. En effet, suite à d’intenses consultations entre employeurs et syndicats, il a été convenu que l’âge ne figure plus sur les dossiers de candidature. Madame Lützelschwab a rappelé que le canton de Lucerne paie une allocation incitative pour les entreprises qui engagent des collaborateurs de plus que 50 ans. Enfin, Madame Lützelschwab estime que la flexibilité de la société, une baisse de salaire, ainsi qu’un transfert de responsabilités peuvent faire partie de solutions pour une intégration optimale.
Monsieur Georges Roos, futurologue, a fait référence aux nouvelles technologies et à la création d’Internet qui a bouleversé le monde du travail. La connexion des ordinateurs dans le monde entier avec un protocole qui en fait un texte lisible, des images ou des films sur n’importe quel ordinateur, a changé la nature et la manière dans laquelle nous vivons et travaillons. Il souligne que nul autre progrès n’a été aussi rapide, engendrant une augmentation exponentielle des performances techniques. Il rappelle toutefois que toute avancée rapide est accompagnée d’une chute rapide des prix. Pour les vingt prochaines années Monsieur Roos prédit que les technologies de l’information et de la communication continueront à produire des effets aussi perturbateurs que ces vingt dernières années. Le futur du travail passera par la digitalisation, qui constituera la prochaine étape du développement et créera des nouveaux postes de travail. Monsieur Roos a également passé en revue le concept de maison intelligente et futuriste. La technologie promet de grandes surprises également sur le marché du travail. Ce bouleversement demandera davantage de flexibilité des employés. « Heureusement, je suis âgé », soupire un participant dans l’audience. Theres Arnet-Vanoni, Présidente de BENEVOL, a présenté son association, l’organisation faîtière des services bénévolats. Madame Arnet-Vanoni a loué les avantages pour une personne au chômage de s’engager dans le bénévolat, qui permet de nouer des nouveaux contacts, souvent très utiles pour trouver un nouvel emploi. Elle encourage à ne pas s’enfermer et ruminer sur le passé, mais à s’ouvrir et être prêt à découvrir des nouvelles opportunités.
Le congrès s’est terminé à 13h00 et a été suivi d’un apéritif et d’un lunch.
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